dimanche 7 octobre 2012

Interview de OX NHA


Qui es-tu ? Peux-tu te présenter en quelques lignes ?
Je suis OX NHA, il parait que j’ai 38 ans. Je suis installé sur Bruxelles et mon atelier ‘spaceship” lui se trouve dans le nord de la France. Je fais parti de la conspiration [OX] depuis presque 20 ans maintenant. 




A quel moment as-tu vu tes premiers tags, graffes, pochoirs ou encore collages ? 
Il doit y avoir plus ou moins 25 ans maintenant, j’ai commencé à apercevoir dans la ville des stencils de ‘Wood’, avec de superbes visages, répétés partout sur des bornes électriques. C’était... dingue!
Est-ce que cela t’a donné envie de faire la même chose ?
Grave. C’était vraiment le bon moment. Je recherchais un support d’expression différent des traditionnels papier, toiles, etc... que l’on m’imposait aux cours. Je venais clairement de trouver ma voie. 
Cela m’a imprégné d’une énergie que je n’arrive toujours pas à maitriser.
Où as-tu « posé » pour la première fois ? Et pourquoi as-tu eu envie de t’exprimer dans la rue ? 
C’était dans un couvent abandonné que l’on disait hanté. J’étais seul. Je voulais absolument marquer mon passage pour annoncer : je suis passé ici, et avant toi. Une preuve indiscutable.  A partir de ce moment là, il fallait que je continue de partager avec les passants, d’agrandir mon territoire et relever d’autres défis. C’est complètement addictif.
Est-ce un passage obligé dans ta création artistique ? 
C’est “LE” passage. Je n’imagine pas mon travail sans cela. C’est ce qui me prend le plus de temps en réalité : rechercher les bons spots, analyser la faisabilité, mesurer le danger, tout préparer. Cela fait partie de mon ADN.
Que penses-tu du graffiti ? Des « streetarteurs » d’un jour ? 
Si nous parlons d’un graffiti qui a du sens, qui est “real” et non ego-driven, alors je n’en pense que du bien. Par contre pour les “streetateurs”, et bien je pense que la sélection naturelle fera bien les choses.
Peux-tu nous raconter ton histoire à partir du moment où tu as commencé ? En quelle année et dans quels endroits ? Qui as-tu croisé à cette époque ? 
Tout a réellement commencé dès que j’ai reçu mes accréditations [OX] et mon matricule (Unit-1661) en 2007. A partir de ce moment là, je n’ai pas arrêté de poser des [OX] avec une moyenne d’un [OX] par semaine principalement dans des endroits abandonnés (ce sont les spots que je préfère). Je passe aussi beaucoup de temps dans mon atelier pour préparer mes actions.
As-tu « posé » à l’étranger ? Avec qui ? Et pourquoi ? 
Je pose en Belgique et en France principalement. Mon territoire va s’agrandir bientôt vers d’autres pays. J’essaye de toujours travailler seul, je n’aime pas vraiment les collaborations.
As-tu exposé en galerie ? 
Non pas encore. On me pousse à le faire, c’est donc devenu un projet.
Est-ce que tu vis de ton art ? 
Non. Tu sais, j’ai beaucoup de mal à me séparer d’un [OX], mais encore une fois on me pousse à le faire et c’est peut-être une bonne chose.
Peux-tu nous donner quelques anecdotes ou des événements bizarres qui te sont arrivés ?
Ce qui m’arrive le plus souvent c’est de rencontrer des personnes dans les endroits abandonnés dans lesquels je vais poser un [OX]. Ça se passe en général très bien. Et parfois moins bien. Je me  suis déjà caché plusieurs heures pour attendre le départ d’un  groupe ou même de la police. C’est assez génial d’être planqué et d’entendre ce qu’ils  racontent ou manigancent.
ET sinon, classique, je me suis fait arrêter par la police. J’ai eu droit au package  complet prise des empreintes/photos/juge/perquisition/cachot/amende et travaux d’intérêt général. La folie.
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Interview : Tarek
Photographies OX NHA

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