dimanche 5 janvier 2014

Chroniques #5



Adrastée

Mathieu Bablet (Ankama, 2013)

Prévu en deux tomes, Adrastée brosse le portrait d’un roi qui éprouve les aléas de sa condition particulière : être immortel !  Survivre à toutes les époques, voir ses proches mourir, c’est un peu comme rester sur le quai d’une gare et voir les autres partir. Dans un contexte de mythologie antique, on cherchera à l’utiliser comme arme dans les guerres interminables. Mais ce roi sans couronne n’en a cure, il cherchera à rejoindre le mont Olympe dans l’espoir de trouver les réponses à ses problèmes existentiels. On espère que la conclusion sera à la hauteur. En tout cas, un bel album graphiquement, riche en perspectives fouillées et ambiances oniriques.

VP



San Francisco street art

Steve Rotman (Prestel, 2010)

Un petit livre bien illustré mais sans aucun texte pour préciser les endroits et les artistes qui sont présentés. Il est dommage de résumer le street art dans cette ville sous la forme d’un catalogue photographique que l’on peut aisément retrouver sur internet. L’intérêt d’une publication papier est d’apporter quelque chose de plus à la profusion d’albums photos que l’on peut consulter sur le web depuis bientôt une dizaine d’années. Un cadeau à offrir à des néophytes qui donnera peut être envie d’en savoir plus sur cet art en mouvement, sur cet art vivant ! 

TBY



Funérailles (tome 1)

Florent Maudoux (Ankama, Label 619, 2013)

De le voir à la Japan Expo 2013 installé sur un fauteuil dans un boudoir dark somptueux, pour accueillir chacun de ses nombreux(ses) fans pour une dédicace-entretien personnalisé, on pouvait légitimement craindre que le succès de son Freaks Squeele ne lui soit monté à la tête. Il n’en est rien. Son humilité est intacte et sincère, et cette mise en scène marquait juste le respect que cet auteur phare du Label 619 témoigne à ses lecteurs depuis le début, eu égard à cette capacité unique qu’il a de se renouveler sans jamais se trahir. Avec Freaks, il ne s’est pas contenté de créer une série, mais tout un univers fabuleux peuplé d’une galerie de personnages charismatiques qu’il commence à peine à décliner en spin offs éblouissants ! Après nous avoir exposé l’adolescence de Xiong Mao dans un album Rouge, très réussi, (qu’il a scénarisé, mais dont le dessin a été confié au talentueux Sourya), voilà qu’il lève le voile sur l’un de ses personnages les plus énigmatiques dans l’album éponyme Funérailles. Il assure à nouveau scénario et dessin dans une histoire qui commence comme un conte de fées situé dans une époque lointaine (contrairement à Freaks) avant de basculer dans une saga de fratrie impossible, au réalisme brutal et terrifiant. En dire plus serait un spoiler sacrilège, car, si le dessin reste virtuose et les références pop jubilatoires, ce qui bluffe ici, c’est son art du récit ultra addictif, digne du Sanctuary de Sho Fumimura et Ryoichi Ikegami. Sans que la série mère ne baisse en qualité, cet album est vraiment celui où son talent de conteur éclate, au point que sa Geste de Scipio et Prétorius puisse soutenir la comparaison avec rien moins que Games of Thrones ! Il faut donc vous précipiter en urgence à ces Funérailles, tout en sachant que vous risquez fort d’y rester, tellement la fin vous laissera, pantelants, dans un état de manque absolu, suppliant les Dieux de vous accorder la suite…

Miceal



9e Concept, 20 ans de création collective

Frédéric Claquin (Herscher, 2013)

La monographie du 9e Concept, groupe d’artistes talentueux, dans la collection Arttitude nous permet de découvrir l’histoire de ce collectif depuis sa création. Leur univers est à la fois simple et complexe, coloré et monochromatique, élaboré et brut… Du talent à chaque page et des images d’une grande qualité qui mettent en valeur le travail de chaque artiste. Stéphane Carricondo, Ned et Jerk 45, amis depuis 20 ans, ont su transformer une aventure de jeunesse en une dynamique de création essentielle dans le paysage artistique urbain de ce début de siècle. Un livre qu’il faut lire absolument.                         

 

Au-delà du street art

Ouvrage collectif (Critères éd., 2013)

Le catalogue de l'exposition Au-delà du street art qui a été présentée au Musée de la Poste du 28 novembre 2012 au 30 mars 2013 est disponible en librairies. On peut y découvrir les artistes exposés, les techniques et matériaux qu’ils ont utilisés : le pochoir, la peinture aérosol ou acrylique, le papier découpé… Quelques grandes figures du street art comme Banksy, C215, Dran, Invader, L’Atlas, Ludo, Shepard Fairey, Swoon ou encore Vhils sont dans ce livre agréable à lire si vous n’avez pas eu la chance de visiter l’exposition.



 
Blackbook

Woshe (Alternatives, 2013)

Le concept de Blackbook permet de concevoir une approche autour de la lettre, base fondamentale du graffiti, en présentant le travail du graffeur Woshe et de son univers graphique. Le livre est didactique, bien structuré et les exemples de l’artiste sont pertinents. Le débutant y trouvera de quoi améliorer son style, le graffeur qui a de l’expérience appréciera sûrement le style classique de Woshe et ses belles combinaisons. En outre, Darco a écrit une préface fort percutante et qui donne un petit plus à ce beau livre que tout adepte du writing se doit de lire. Une valeur sûre !

TBY

 

Blek le rat : En traversant les murs

S. Prou et King Adz (Thames & Hudson, 2008)

Ce livre qui est de nouveau disponible en France retrace le parcours de l’inspirateur de Banksy (et bien d’autres encore !) et qui est certainement l’un des artistes urbains français les plus emblématiques des années 80. Les pochoirs de Blek ont embelli les murs sales de la capitale durant près de trois décennies. La lecture est plaisante et les images (parfois peu connues) sont bien agencées. Une très belle introduction à une monographie de cet artiste mal connu du grand public.

TBY



Btoy, La passionaria du street art

Thierry Froger (Critères éd., 2013)

BToy est originaire de Barcelone et commence à laisser des "traces" dans sa ville à partir de 2002. Ses premiers pochoirs révèlent déjà une grande maitrise et un sens raffiné de la mise en scène urbaine. Cette présentation met en lumière la pratique du pochoir de cette jeune femme qui réussit à associer son art avec le support dans une parfaite symbiose. Ses thématiques universelles et la présence de femmes dans son univers apportent une touche particulière dans le monde du street art européen. Du bel ouvrage, assurément !

TBY



Périphérique, Terre Promise

Collectif Babel (H’Artpon, 2013)

C’est un recueil habilement orchestré de huit regards différents sur le "périph", au départ simple projet urbain pour automobilistes devenu, après quatre décennies d'existence, une sorte de "XXIe arrondissement de Paris". En guise d'ouverture le texte précis et complet d'un géographe-urbaniste nous situe cette ceinture parisienne dans le temps, l'espace, les chiffres, le symbolique et les imaginaires. Ensuite, vient le cœur de l'ouvrage avec les visions complémentaires et personnelles des six photographes du collectif "Babel photo". Au travers de ces reportages thématiques, qui émeuvent, laissent indifférent ou enchantent, suivant la sensibilité de chacun, on prend conscience de la nature double de ce monstre urbain pas si commun : à la fois désert stérile de béton à l’atmosphère nocive et bruyante, que l'on traverse calfeutrés dans des autos aux fenêtres closes, et malgré tout lieu de vie, de rencontres humaines, un terrain ludique, cachant des beautés nocturnes et urbaines. La grande qualité des photos et la diversité des sujets et des styles (portraits, lumière, formes…) raviront tous les adeptes de la photographie. Pour clôturer cet agréable voyage circulaire, une nouvelle de science-fiction (puisque l'objet de la science-fiction est l'humain, on reste dans la ligne). A noter aussi la mise en page sobre, aérée, clairement intelligente, parfaite pour ce beau carnet de voyage polyphonique en Périphérie Humaine...

OB



Certifié(e)s Hip-Hop

E. Kervella et A. Toffana (Editions de la Reinette, 2013)

Un ouvrage étonnant et plein de vie qui dresse le portrait de 55 acteurs hip-hop de la région des Pays de Loire. Une sorte d’état des lieux bien présenté qui nous permet de mieux connaître la dynamique de cette culture dans une région où le hip-hop est très vivant et actif… Parfois même plus qu’à Paris ! Toutes les disciplines (rap, Djing, beat box, danse et graffiti) sont représentées à travers des photos et des textes de qualités, avec un petit clin d’œil d’un des peintres qui cite le livre Paris Tonkar comme étant une de ses bibles (big up gros !)… Une belle aventure éditoriale qui a été accompagnée par une exposition lors de sa sortie. A suivre donc !

TBY


 

C215

C215 (Pyramyd, 2012)

Une belle surprise et une lecture qui donne la bonne humeur ! Christian Guémy aka C215 est un artiste incontournable de la scène du street art international, peignant partout où il se trouve : de New-Delhi à Londres en passant par Istanbul, Fès, Rome, Barcelone ou encore Paris, il a laissé derrière lui de beaux pochoirs que nous retrouvons dans ce livre plein de couleurs et de visages rayonnants. Le format est pratique et peut nous servir de guide pour retrouver les œuvres de cet artiste si l’on a la chance de se trouver dans l’une des villes où il a bombé ses pochoirs.

MLB


Hors du temps 2

Antonin Giverne (Pyramyd, 2012)

Du lourd ! Hors du temps est une réussite à tout point de vue : les photographies sont magnifiques, le choix des peintures est sérieux et la mise en page est fluide et nous entraine de pages en pages vers de belles réalisations murales, sans pauses ni fausses notes. Terrains vagues, friches industrielles, bâtiments sans vie, zones abandonnées à la marge de la cité... Des terrains de jeu que les writers affectionnent pour mettre en valeur leur art ! De Paris à Johannesburg, de Londres à Berlin ou encore Barcelone, une quarantaine de graffeurs nous proposent leur expérience dans ces lieux loin de tout et leur vision artistique. Un ouvrage à lire absolument !

TBY




Axis Mundi

Mathieu Lauffray (CFSL, 2013)

Parmi les très grands dessinateurs de bande dessinée française du XXe siècle à avoir su, avec talent, vision, éclectisme et finalement avec succès, imprimer leur marque non seulement à son medium d’origine mais à plusieurs medias différents (cinéma, jeu vidéo, jeu de rôle, presse et illustration), l’Histoire retiendra à coup sûr au moins trois noms : Moebius, Mézières… et Mathieu Lauffray. Depuis le Serment de l’Ambre, première BD réalisée en guise de mémoire de fin d’études à The Secret, Lauffray revient sur vingt années de travaux qui ont fait de lui un artiste multimédia incontournable, mondialement connu et respecté. Plus qu’une monographie purement illustrative, comme l’avait été son précédent art book Proto (éditions Soleil, 2004), Axis Mundi, publié cette fois par CFSL, constitue un carnet de route dans lequel il révèle à tous les étudiants, pratiquants ou simples amateurs, les diverses possibilités offertes à l’auteur dessinateur-illustrateur pour trouver des débouchés professionnels, permettant de vivre de son art et de sa passion. Pour unique qu’il soit, le parcours de Lauffray n’en est pas moins exemplaire et son itinéraire chaotique se lit comme un roman, celui de la vie d’un rebelle qui n’a jamais accepté de se faire dicter par quiconque sa conduite artistique ou morale. L’axe du monde, selon certaines cultures, essentiellement chamaniques, était considéré comme le 5e point cardinal, un lien entre la Terre et le Ciel, entre le monde des vivants et celui des esprits, entre la réalité et l’imaginaire, là où intervient l’esprit de tout créateur. Axis Mundi, à la fois beau livre d’art fidèle à l’esprit et à la qualité des célèbres ouvrages Café Salé et bible à l’usage des artistes avides d’explorer de nouvelles avenues, nous entraîne dans sa quête de l’absolu artistique aux côtés de Long John Silver et Jack Stanton, au fil d’un ouvrage que cet aventurier de la plume qu’était Charles Baudelaire aurait pu préfacer de ses célèbres vers: « Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe ? Au fond de l’Inconnu pour trouver du nouveau ! » (Le Voyage in Les Fleurs du Mal, 1861).

Miceal



Les yeux dans les murs

Les Festivaliers (2013)

Les Festivaliers  pour leurs cinq ans d'existence nous proposent ce livre gratuit, consultable en ligne (http://www.lesfestivaliers.com) mêlant football et street art. Un OVNI dans la production de livres sur le sujet qui ne peut laisser les amoureux du ballon rond et du graffiti insensibles. 23 noms ont été sélectionnés à l'instar des sélections du football, étant répartis par poste : gardien du temple ou les graffeurs à l'ancienne qui ne jurent que par le spray, défense d'afficher ou les colleurs d'affiches, etc. Une pointe d’humour avec la catégorie "les abonnées du commissariat" et tout ce qui se rapproche du graffiti vandale ! On y trouve les œuvres de MadC, El Mac, Tilt, Max Zorn, Mentalgassi, Dan Witz, Evol, Zevs, L'Atlas, Sam3, Olek, Vhils, Banksy, Interesni Kazki, Slinkachu, Os Gemeos, Roa, Speedy Graphito,  Kidult, Aryz, Le Cyklop, Blu, Mobstr. En bref, une sélection à évaluer au plus vite !

TBY



Keith Haring studio

Baptiste Lignel (Alternatives, 2013)

L’auteur raconte dans ce livre-objet un après-midi passé avec Keith Haring, dans son studio de New York. Les photos qui ornent ce documentaire sont celles d'un garçon de 14 ans (Baptiste Lignel), curieux de voir le travail en action de ce peintre créatif et hors norme. C’est un témoignage touchant et qui donnera envie de mieux connaître ce peintre autrement qu’à travers son utilisation abusive par le merchandising et autres vendeurs de tasses à café. Merci à l’auteur de nous avoir fait partager, sans voyeurisme ni mauvais goût, un bon moment de peinture et d’humanité.

MLB



Radiant (tome 1)

Tony Valente (Ankama, 2013)

Justice est faite ! Pour tous les lecteurs frustrés à juste titre de leur très dynamique série Hana Attori, dont trois tomes successifs ont été publiés de 2008 à 2010 par les éditions Soleil avant que le titre ne soit prématurément arrêté, voici le retour en force de l’univers manga et magique de Tony Valente chez un autre éditeur. En effet, Ankama, forte de l’important succès critique et commercial de City Hall, a décidé de capitaliser sur le manga à la française de qualité. Tony Valente a déjà démontré l’étendue de son talent en dessinant également Speed Angels, série d’espionnage dans l’esprit de Charlie’s Angels ou de Totally Spies scénarisée par Didier Tarquin, le célèbre dessinateur de Lanfeust de Troy. Aujourd’hui, c’est à ses premières amours fantasy qu’il revient avec un récit dont les éléments étaient déjà présents en arrière-plan de Hana Attori. Dans l’univers imaginé par Valente, les Némésis, de monstrueuses créatures, tombent du ciel régulièrement, provoquant toutes sortes de catastrophes sur leur passage. Bien que seuls capables de résister à la puissance de ces monstres, les "infectés", rares humains à avoir survécu à la rencontre avec les Némésis, et ayant ainsi accédé à la maîtrise de la magie, sont paradoxalement mis au ban de la société. Certains de ces sorciers rejetés par l’ensemble de la population, comme les membres du Bravery Quartet, en deviennent pilleurs opportunistes, tandis que d’autres, telle la sorcière Alma, s’obstinent à lutter contre les envahisseurs géants. Parmi eux, Seth, jeune apprenti d’Alma, se révèle aussi talentueux qu’il est impulsif et maladroit. C’est sa quête du Radiant, mythique lieu d’origine des monstres, que raconte ce shônen à grand spectacle. Pêchu, enlevé, ce manga, à sens de lecture japonais, montre à quel point Tony Valente, aujourd’hui installé au Québec, a su parfaitement digérer ses illustres modèles, de Dragon Ball Z à One Piece, pour nous offrir un premier opus spectaculaire et divertissant qui se lit d’une traite ! Sus aux Némésis !

Miceal



Parcours fléchés

Jef Aérosol (Alternatives, 2013)

Enfin un livre digne de Jef Aérosol, l’autre grand monsieur du street art encore très actif ! Une somme de photographies que l’on peut découvrir accompagnée de textes, le tout selon une chronologie didactique qui montre la montée en puissance de Jef et sa maîtrise précoce des codes de la rue et de l’expression en milieu urbain. La flèche rouge nous guide à travers les pochoirs et autres interventions de l’artiste jusqu’à son dernier grand mur aux Halles. Une monographie totalement nécessaire et artistiquement riche en œuvres !

TBY



Journal

Keith Haring (Flammarion, 2012)

De l'âge de 19 ans jusqu'à sa mort 1990, l’auteur de ce journal a consigné dans des carnets ses réflexions sur son travail, son succès commercial, ses rencontres, son homosexualité, ses lectures mais aussi sur les autres peintres de son époque. 
Ce témoignage de première main sur les pensées et la manière de voir le monde nous permet d’envisager son œuvre sous un regard différent. Les amateurs de ce peintre ne pourront qu’apprécier et les curieux seront surpris par certains passages. La sexualité est très présente dans ce journal et on comprend mieux ce thème récurent dans sa peinture : une sorte d’obsession ! Son esthétique et son ouverture aux expériences nouvelles sont explicitées à travers ses écrits, mettant ainsi des mots sur sa démarche artistique. Plus qu’une lecture, une expérience et un moment partagés avec le peintre !


MLB



City Hall (tome 3)

Rémi Guérin et Guillaume Lapeyre (Ankama, 2013)

Le duo d’auteurs persiste et signe avec ce tome 3 clôturant, en un temps record de parution mais sans perdre en qualité, la série événement qui s’impose définitivement comme le manga à la française ! Ils réussissent en effet l’exploit rare de finir une trilogie en beauté et referment suffisamment de portes pour ne pas frustrer le lecteur, tout en sachant ménager de nouvelles pistes d’exploration... Vous palpiterez d’émotion aux côtés de vos héros, Jules Verne, Arthur Conan Doyle et la très sexy Amelia Earheart, vous tremblerez de voir un Londres steampunk et futuriste en pleine Exposition Universelle, scruté par le dispositif de surveillance Big Eye, le bien nommé, et vous saurez enfin qui se cache sous le masque de Lord Black Fowl. Et surtout, pour quelle raison il veut semer partout le chaos et la destruction… Malgré tout cela, tout comme les innombrables fans de cette série à surprises, vous en redemanderez ! Ankama l’a bien compris, puisque l’éditeur vient d’annoncer qu’une saison 2 est déjà en chantier. Ouf !

Miceal

 

Planète graffiti

Nicolas Ganz (Pyramyd, 2011)

Cette nouvelle édition revue et augmentée de Planète graffiti tient toutes ses promesses. Les 2 000 photographies, de plus de 180 artistes, offrent un panorama sur la création des artistes urbains dans le monde. L’auteur a su capter l’air du temps et les tendances du moment dans les disciplines anciennes et celles qui émergent. Ce livre est une anthologie de qualité qui permet aux lecteurs de comprendre la vitalité et la créativité des graffeurs et autres praticiens des cultures urbaines. Pas une référence mais un recueil incontournable pour avoir une vision globale du mouvement. Un travail sérieux et qui ne peut qu’être salué !

TBY



Murmures du monde

D. Rabotteau et F. Soltan (La Martinière, 2012)

A la première lecture, on apprécie la lecture de ce livre riche en images mais très vite on se dit qu’il manque quelque chose. La musique sonne faux, les murs sélectionnés sont-ils les plus représentatifs des thématiques abordées ? 
Aucun artiste n’est mentionné, les citations mises en exergue sont bien senties mais à quoi servent-elles ? Donner du crédit aux murs ou à cet art ? 
Une déception malgré la qualité indéniable du travail effectué et du travail éditorial. Dommage…

MLB



Tags: Paris, New-York, Sao Paolo

Paris, New York et Sao Paulo. Trois villes importantes du graffiti, trois styles différents, chacune ayant sa propre histoire. Les auteurs ont réussi à synthétiser la quintessence du graffiti dans un beau livre qui plaira aux vrais amateurs de graffiti. Un petit reproche : il manque certains gros cartonneurs en tag dans la partie consacrée à la France (dommage !) mais pour cela il aurait fallu avoir des photographies de la période 1984-1990. A part ce petit détail, on ne peut que lancer un big up à l’équipe et les remercier pour ce livre.





 
Street Art. Portraits d'artistes

Glenn Arango (Graffito, 2011)

Ce livre à la pagination importante est un catalogue d’une cinquantaine d’artistes urbains qui propose de belles images accompagnés de textes synthétiques expliquant leur état d’esprit et leurs techniques. Le point fort est qu’il aborde tous les styles et toutes les régions du monde mais cela reste, une fois de plus, un ouvrage qui n’aborde que l’écume de cet art et ne s’attache pas à entrer dans le vif du sujet. En outre, l’approche subjective, très ou trop "anglo-saxonne", oblige les auteurs à reprendre les mêmes artistes que l’on retrouve systématiquement dans les livres consacrés à ce sujet. Pas de découverte ou de prise de risques. Malgré tout, il n’en demeure pas moins un livre intéressant à lire si l’on est à la recherche d’informations de base. 


MLB


Ralph Azham (tome 5)

Lewis Trondheim (Dupuis, 2013)

Ralph, Yassou et Zania, accompagnés de quelques oracles, ont réussi à quitter Octania à bord du Vaticyne. 
Après un dernier ravitaillement, ils vont enfin pouvoir attaquer la grande traversée qui les mènera sur les terres du terrible VomSyrus auquel ils souhaitent s'allier pour renverser le roi d'Astolia. Mais la traversée s'annonce mouvementée, d'autant plus que le roi a lancé des tueurs à leur poursuite... 
 Le nouvel épisode de Ralph Azham est dans la continuité des précédents, toujours aussi facile à lire, avec de l’humour et de l’aventure, un rythme soutenu et des dessins efficaces. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, jetez un petit coup d’œil, cela en vaut la peine !

TBY
 

Street art et graffiti

Anna Waclamek (Thames & Hudson, 2012)

Donner les clefs pour comprendre le graffiti, sa philosophie, ses techniques et son vocabulaire est d'autant plus essentiel que cet art, fondé sur la clandestinité et l'anonymat, ne s'adresse pas a priori au grand public. Ce livre se veut donc une approche érudite du sujet avec des explications sur les techniques, l’histoire et les tendances qui définissent les arts urbains dans leur ensemble. Le seul bémol est qu’il est très complet pour la partie street art dans l’aire anglo-américaine mais reste parcellaire et approximatif concernant cet art dans les autres régions du monde. Le travail de l’auteur est conséquent et peut être considéré, au vu des publications actuelles, comme étant le plus sérieux (et de loin) sur le street art. A lire absolument ! 

TBY


 
Street art, mode d’emploi

Jérôme Catz (Flammarion, 2013)

Provocateur, politique, monumental ou poétique, le street art a envahi l’espace urbain. Il se décline sous des aspects aussi divers que le tag, le graff, le pochoir, l'installation, l'anamorphose, la sculpture, le collage, etc. Cet ouvrage aborde toutes les formes et expressions de cet art avec une volonté didactique (parfois ludique) : 30 notions clés expliquées, 20 dates repères et 30 artistes incontournables à la fin du livre permettent de resituer certains éléments et d’en avoir une vision concrète. L’art est en mouvement,  celui-ci s’accélère, ce qui rend ce genre de livre nécessaire pour ne pas rater le train en marche. Une bonne surprise !

TBY



Street art book : Carnet de voyage

Tristan Manco (Pyramyd, 2010)

L’auteur continue son tour du monde : des rues de Bogota aux murs londoniens en passant par les faubourgs de Mexico, il nous propose de partir à la rencontre d'artistes qui ont fait de la rue un de leurs domaines d'intervention privilégiés. Les images sont magnifiques et l’on ressent tout de suite un côté authentique, vécu, dans la présentation des artistes et de leurs œuvres. Cet art book est un mélange subtil de carnet de voyage, sketch book et galerie de photos. Les textes sont bien écrits avec, çà et là, des envolées qui dynamisent l’illustration ou la séquence photo. Un livre que vous pouvez lire plusieurs fois en découvrant à chaque fois de nouvelles choses. Une réussite à tout point de vue.

TBY



Le visiteur du futur, l’élu des Dieux

François Descraques et Gosh (Ankama, 2013)

C’est le très sérieux journal Le Monde qui a prédit « un très bel avenir au Visiteur du Futur ». Quid ? Pour ceux qui se seraient exilés sur une île déserte sans Internet ou autre mode de communication contemporain, le « Visiteur du Futur » est un véritable phénomène viral qui fait du bien à tous ceux qui en ont été infectés. Websérie créée par François Descraques (réalisateur pour la pub et le web mais frustré de projets de séries TV mainstream) et ses nombreux potes avec lesquels il tourne les premiers épisodes au Bois de Vincennes, « le Visiteur du Futur » est diffusé à partir d’avril 2009 sur le blog de son créateur FrenchNerd.com. 
Happé au vol par Dailymotion et Youtube, quelques prix et des millions de clics plus tard, il se voit offrir sa première diffusion télévisuelle par la chaîne Nolife, ce qui attire à son tour l’attention d’Ankama qui propose alors au département Nouvelles Écritures de France Télévision de coproduire la série. Celle-ci sera diffusée avec succès sur Studio 4.0, la plateforme transmédia de France 4. Depuis, la websérie affiche fièrement trois saisons, deux prix au Web Festival de la Rochelle et même quatre prix au Los Angeles WebFest ! Ankama, studio transmédia à succès ayant également une branche éditoriale dynamique, notamment en BD (Mutafukaz, Freaks Squeele ou City Hall) offre alors un nouveau médium au très prolifique François Descraques qui, avec son complice Gosh au dessin, scénarise ce premier tome, L’Élu des Dieux, dans un esprit qui ne pourra que ravir ses fans web et en séduire de nouveaux.

Miceal


 

Les tribulations d'un jeune mousse en mer celtique

G. Dadies et A. Verhille (Magellan et Cie, 2013)

La lecture de ce carnet de voyage est un véritable régal, entre récit à l’ancienne avec des dessins bruts et la présence de la matière. Cela respire le vent marin, la bière et la sueur. Les auteurs ont réussi à travers cet ouvrage à redonner vie au récit maritime, avec ses codes, ses termes alambiqués et exotiques pour les néophytes mais qui nous invite au voyage. A l’abordage, moussaillons ! Et surtout n’oubliez de prendre, dans votre baluchon, le bouquin de Dadies et Verhille…

TBY



Salaam Palestine, carnet de voyage en terre d’humanité

Massenot, Pillorget et Abel (La Boîte à bulles, 2013)

Le carnet de voyage est un genre à la mode, on en trouve pour tous les goûts mais celui-ci mérite qu’on s’y plonge. A l’origine du projet, l’illustrateur Bruno Pillorget, rejoint par une romancière et un photographe, a imaginé en 2009 un échange artistique entre France et Palestine fondé, pour leur part, sur des expositions en Cisjordanie montrant leur travail. Voici enfin publié le passionnant récit, illustré de dessins et de photographies, de leur séjour, qui fait la part belle aux Palestiniens rencontrés dans les villes où ils ont exposé (Jérusalem, Ramallah, Hébron, Naplouse) ou durant leurs déplacements. Croquis, aquarelles et photos sont superbes, complémentaires dans leur  différence, et rendent les personnages présentés plus attachants encore, tout en illustrant leur environnement proche : maisons, rues, champs, objets de la vie quotidienne, le livre nous en livre mille et un détails… Quelques photos donnent également un petit aperçu du street art qui s’est fort développé dans les Territoires occupés : pochoirs, fresque ou slogans sur le mur de séparation réalisés par des artistes locaux ou internationaux ! Quatre ans on passé depuis ces belles rencontres et la situation est loin de s’être améliorée en Palestine, ce qui rend d’autant plus précieux le témoignage de nos trois artistes français. Nul doute qu’ils réalisent ainsi leur vœu de nous faire partager « le fardeau de cet espoir » des Palestiniens, comme le réclamait avec force le poète Mahmoud Darwich.

MLB

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