jeudi 20 octobre 2011

INTERVIEW DE DK


2010 © Batist & Paris Tonkar magazine


///// Qu'est ce qu'on a le droit de savoir sur toi ? Est-ce que ton Blaze a une signification particulière ?
Pour le blaze, ça part d'un délire avec des potes qui ont tagué à une époque. L’un d’eux s'était vu offrir un « Dildo kit » pour son anniversaire... La notice était tellement ridicule qu'on s'est dit : « Allez, on monte le Dildo kit crew ! » Le but étant de faire un « meddley » pochoir tag affichage. Ce projet n'a jamais vu le jour et j'ai récupéré le blaze pour moi (DK = Dildo kit).
Concernant ce qu'on a le droit de savoir sur moi : je suis issu du graphisme (infographie) et amateur de graffiti. C'est en voyant des œuvres comme celle de Banksy ou de Blek le rat qu'il m'a pris l'envie de m'exprimer dans la rue et de transposer mes créations infographiques sur les murs.


2010 © Batist & Paris Tonkar magazine


 ///// Qu'est ce que tu recherches en peignant dans la rue ?
Comme tout le monde, je pense à une certaine notoriété, ce serait hypocrite de dire que je peins pour la gloire. Au-delà de ça, le fait de prospecter dans les rues de nuit c'est une ambiance particulière et l’on voit les lieux d'une manière différente, ce n'est pas juste du transit comme ça peut l'être en journée. On est beaucoup plus attentif à ce qu'il y a sur les murs. Puis le fait de s'approprier l'espace public pour le transformer en espace d'expression, enlever le pochoir et voir le truc se révéler : un moment quasi rituel, peut-être même l'étape du processus que je préfère. Toutes ces choses mêlées à l'odeur de la bombe et le fait de braver un interdit qui rend l'activité encore plus attrayante, c'est ça à présent que je recherche.

2010 © Batist & Paris Tonkar magazine
2010 © Batist & Paris Tonkar magazine

 ///// Est-ce que tu pratiques seulement le pochoir et dans la rue ?
Oui exclusivement le pochoir ! Je n'ai presque jamais tagué, tellement brièvement que ça revient au même. Pour les néophytes, il faut savoir que c'est une discipline totalement dissociée du graffiti. Je pratique donc exclusivement le pochoir, principalement dans la rue. Il m'est arrivé parfois de pratiquer en terrain quand on tapait des fresques avec des graffeurs.

2010 © Batist & Paris Tonkar magazine
2010 © Batist & Paris Tonkar magazine

///// Quel est le sens de ton œuvre ?
À la base, c'était de faire passer un message fort : mes premiers pochoirs étaient politiques ! C'était juste avant les élections alors que les médias n’en avaient que pour Nicolas Sarkozy. C’était un moyen de faire passer un message négatif sur cet homme par un vecteur que les gens vont en théorie voir autant que la télévision. Par la suite, mon travail s'est dépolitisé pour prendre une orientation plus graphique. Faire du pochoir bi-chromique dans la rue m'intéressait beaucoup car ce créneau est peu exploité dans les rues de Lyon. Ma démarche s'est finalement fixée sur le concept suivant : représenter des visages d'illustres inconnus dans les rues. Il n'y a ni message ni sens particulier, juste un créneau ouvert pour l'imagination de la personne qui passera devant.

2010 © Batist & Paris Tonkar magazine
2010 © Batist & Paris Tonkar magazine

///// Quelles sont les particularités du monde du pochoir ? A-t-il des liens avec le monde du graffiti, ou s'en éloigne-t-il complètement ?
Le pochoir est une discipline à part entière du graffiti qui est issu de la culture Hip Hop. Ce dernier était à l’origine directement associé au rap et au Break dance. Il s'en est dissocié avec le temps, mais il en reste fortement imprégné contrairement au pochoir qui ne trouve pas ses sources dans un mouvement culturel aussi fédérateur. Je ne saurais même pas dire d'où il vient d'ailleurs... Il y a une importante communauté autour du graffiti : les gens fonctionnent en crew, les interactions entre les crew situés dans les quatre coins du pays permettent de s'étendre géographiquement. Dans le graffiti, on cultive son réseau social. C'est un aspect totalement absent dans le monde du pochoir. On ne se connaît pas ou peu entre pochoiristes, il n'y a pas de crew et je pense que les œuvres que l'on peut voir sur les murs sont souvent l'objet d'une initiative spontanée et non d'une démarche régulière et assidue. On ne peut pas, à mon avis, parler d'une communauté quand on parle de pochoir.

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Interview et photographies
///// Batist Payen

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